Je voulais goûter au Prince’s Hot Chicken bien avant ce voyage. C’est l’endroit où tout a commencé. Selon l’histoire racontée par Prince’s lui-même, la recette serait née de la vengeance d’une petite amie délaissée par Thornton Prince, quelque part durant la Grande Dépression. Plutôt que de lui donner une leçon, cette dose de piment est devenue le plat qui allait définir Nashville. Près d’un siècle plus tard, sa petite-nièce André Prince Jeffries dirige toujours l’entreprise, et le comptoir de l’Assembly Food Hall sur Broadway est l’un des quatre emplacements qui portent maintenant ce nom dans la région.
Pour accéder à l’aire de restauration, il faut monter un escalier depuis la rue. Le comptoir de Prince’s se trouve là-haut, signalé par une enseigne lumineuse rouge représentant un Prince couronné, difficile à manquer une fois qu’on sait lever les yeux. Tout près, une murale de l’artiste local Omari Booker reprend la même image royale du service de poulet, couronne comprise, et une plaque murale raconte l’origine de la recette pendant qu’on attend sa commande. Une belle mise en scène avant même que le repas n’arrive.
J’ai commandé les 4 tenders format jumbo avec une portion de frites, en choisissant le niveau medium. Si vous n’avez jamais mangé de poulet épicé à la mode de Nashville, portez attention ici. Le medium chez Prince’s est déjà un vrai niveau de piquant, pas une option pour débutant. J’aime la nourriture épicée et j’ai quand même senti la chaleur monter à chaque bouchée. Les tenders valent tout de même le coup. La croûte est épaisse, foncée et texturée grâce à l’assaisonnement au piment de Cayenne, et le poulet reste juteux malgré toute cette chaleur. Le tout repose sur une tranche de pain blanc qui absorbe l’huile épicée, avec quelques tranches de cornichon par-dessus pour tempérer le feu. Les frites ondulées servies à côté sont saupoudrées du même mélange d’épices, alors ne comptez pas sur elles pour vous rafraîchir non plus.
Il s’agit de poulet frit à la mode du Sud des États-Unis, plus précisément du style hot chicken de Nashville : le poulet est pané puis frit, ensuite enduit d’une pâte de piment de Cayenne selon le niveau de piquant choisi. Si le style est nouveau pour vous, mon conseil rejoint l’idée derrière ce billet : commandez un niveau en dessous de ce que vous pensez pouvoir tolérer. Le medium m’a déjà fait tendre la main vers mon verre, et Prince’s offre plusieurs niveaux encore plus chauds.
L’ambiance de l’aire de restauration rend l’arrêt facile. Les files d’attente peuvent s’allonger, surtout aux heures de repas, et une fois la commande passée, on attend son plateau au comptoir plutôt que de se le faire apporter à table. Une fois le repas en main, on trouve une place parmi les autres kiosques, ce qui convient aussi bien pour un dîner rapide que pour une visite plus longue à l’Assembly Food Hall avec un groupe qui a des envies différentes.










